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POÉCLIC 2023...
des "poèmes offerts" à tous les temps

Une soixantaine de poètes, sensibles à l’esprit de notre opération et enthousiasmé.e.s par le travail réalisé avec nos élèves, ont, cette année encore, répondu à notre appel et écrit, spécialement pour nos élèves, de la maternelle à la terminale, des poèmes respectant les habituelles contraintes de notre concours.

​

Pour l’écriture de leur(s) poème(s) offert(s), les poètes qui ont répondu à notre invitation ont respecté les deux contraintes habituelles de l’opération Poéclic :

 

  • celle de la brièveté (avec l’idée de s’inscrire dans la tradition croisée du haïku et du tweet - 140 caractères) ;

​

  • celle de l'intégration, dans le texte, d’au moins l’un des dix mots « à tous les temps » : année-lumière, avant-jour, dare-dare, déjà-vu, hivernage, lambiner, plus-que-parfait, rythmer, synchrone, tic-tac

​

Tous les poèmes offerts sont des inédits écrits spécialement pour les élèves des lycées français

d'Amérique latine rythme sud et d'Europe du Sud-Est.

Découvrez ci-dessous l'anthologie

​

À TOUS LES TEMPS

 60 POÈTES PAR-DELÀ OCÉANS ET CONTINENTS

​

et très prochainement, sur cette même page, les lectures expressives et commentaires

proposés par nos élèves pour chacun de ces poèmes.

​

Vous pouvez également télécharger l'anthologie au format PDF : CLIC CLIC... 

Joëlle ABED

​
 

depuis longtemps

j’ai l’avant-jour fragile

 

j’ai peur

 

est-ce que la lumière va m’aimer assez

pour me donner

encore une fois

une ombre sur la neige ?

​


 

Cécile A. HOLDBAN

​

​

L'air hivernal semble plus vide encore que le vide. Alors on marche. Pour que ça vibre. Les heures marchent sans nous comme des aiguilles folles. Tic-tic, tic-tac, tac-tac, tic. Craquement des branches et des glaces, rythme de pas invisibles.  On a beau tenter de lancer le temps plus loin, jouer avec l'espoir et attraper le bord du soleil pour le mordre, le précipice des minutes s'agrandit dans les rouages du ciel gris. Pour un instant de lumière, on s'improviserait horloger.

​

​

​

​

Isabelle ALENTOUR


 

COMME TU SAVAIS TROUVER

pile l’endroit

quand ça me démangeait entre les deux omoplates

Ici, oui, un peu plus à gauche, enfin, droite pour toi, non, gauche pour toi aussi, à peine un peu plus à

gauche et un peu plus haut, là, oui, là, exactement

Mmmm c’est parfait, encore un peu

Mmmm c’est plus-que-parfait

Merci




Marie ALLOY


 

Hivernage

Le poème traverse la lumière

survit dans une vague de froid

Son chant est pure glace

̶  une grâce de nage en hiver

 

Des ondes étranges gravitent 

autour de nos corps fugitifs

à des années-lumière de nous

 

Les mots grattent le tain du jour

cherchent à voir à travers

 

Tic-tac la neige berce la suie

au rythme des images

qui tombent en flocons

de cendres et de pluies

 

Le ciel est nimbé des silences

d’un monde déjà-vu

Qui se perd en mirages  

rejoint des temps antérieurs

 

Entre guerres et rêves fugaces

le poème est-il plus humble 

qu’une rose en hiver ?

​


 

Silvaine ARABO


 

Sur cette glace de feu

​

invisibles ils dansent

​

densité où ne jamais mourir

​

Place juste du mot

​

les restituera

​

loin des hivernages assassins

​

On les verra danser alors

​

au centre du coeur.

​
 

*


 

Le rougoiement des éclats fait naître les matins clairs

​

la poudre du jour

​

les disperse

​

Année-lumière de l’avant-jour

​

Instant où le temps se fait démesure

​

beauté radiante que tisse la lumière

​

transparence où air et eau semblent s’unir

​

Incarnats sur les turbulences de la chair.

​

​

​

​

Samantha BARENDSON

 

Avant-jour. Il neige.

La ville est disparue

sous un voile de lassitude blanche.

​

Disparues les avenues, disparue l’humanité,

hivernage des voitures

et de la cacophonie urbaine.

 

Nous sommes toi et moi à des années-lumière

dans cette chambre, le monde s’est évanoui

pendant que nous dormions.

 

Les flocons de neige rythment notre paresse

lente chorégraphie de petits points blancs,

nous retournons au lit.

 

Je veux lambiner à tes côtés

en attendant les premières fleurs,

dormir encore l’espace d’une saison.

 

Il neige. Les vitres s’embuent

et nos bâillements synchrones

se cristallisent en partitions glaciales.

 

Dehors le monde clignote, tic-tac,

au rythme des feux de circulation,

les rues sont désertes et les degrés sous zéro.

 

La chaleur d’une tasse réchauffe nos mains

heures de farniente sous la couette épaisse

et le soleil dare-dare derrière l’horizon.

 

Le soir comme un déjà-vu,

un voile recouvre la ville

de solitude blanche. Il neige.

 

Ensemble, nous conjuguons le sommeil,

correspondance amoureuse,

au plus-que-parfait.

​

​

​

​

Jean-Marc BARRIER

 

​

Le ciel dare-dare se vide

tu dis : avant-jour

et l’encre s’époumone

je suis au lieu du plus grand amour

tu écris : poisson

je deviens la rivière 


 

*

​
 

Le ciel va brûler 

une pierre noire    un peu d’eau

et ce rêve de papier

à des années-lumière du vouloir 

des forêts entières 

dans un trait qui tremble 

 

 

 

​

Catherine BÉDARIDA

​
 

et encore

et partout

guerres

exils

fuites synchrones Nord et Sud

partout

séparations et longs baisers

mués en masses illégales

dans des pays hostiles

êtres en exode

encore et partout

chacun devenant

personne

​

​

​

​

Albertine BENEDETTO

​

​

En ces temps d’hivernage

pas question de lambiner

sous des trombes

je t’écris à l’avant-jour

tic tac de l’eau sur la tôle

tout a goût poisseux de déjà-vu

même le papier boit

je t’écris au plus-que-parfait

pour une histoire terminée

je te mets à des années-lumière

fini d’être synchrone

​

​

​

​

Marilyne BERTONCINI

​

​

À tous les temps

 

Où est le tic-tac de l’horloge

rythmant la vie de nos parents ?

Le sablier où s’écoulait

la fuite infinie des minutes

dans l’ampoule de verre ?

 

Où passe le temps qui file ?

D’un bout de l’an à l’autre

les événements se suivent

les saisons se bousculent –

 

et je ne suis plus rien…

 

 

 

​

Yves-Jacques BOUIN

​
 

Quand les tic-tacs de la vie s’arrêtent

Quelles sont les onomatopées du silence ?

​
 

*


 

Mon passe-temps favori :

Lambiner daredare 

Pour un laps de temps incommensurable


 

*


 

Au cœur du poème

Rythmer 

Le battement des émotions

 

 

 

​

Julien BUCCI

 

 

Bonjour 

 

à l'avant-jour du jour 

les oiseaux veillent 

le moment clé 

où le soleil 

revient tout juste de sa ronde 

 

il entre dans ta chambre

sur la pointe des pieds 

il entrouvre tes yeux 

il ouvre les volets 

 

il te lance un bonjour 

de lumière et chaleur 

dans le jour à venir 

qui commence à chanter 

​

​

​

​

Luminitza C. TIGIRLAS



Point de neige sur la France,

l’hiver de-synchrone les sens des animaux.

De leur couche ravagée

ils entendent le tic-tac,

la bombe halète dare-dare, fiévreuse :

où es-tu retardement, Dieu peut-être ?

Dans l’avant-jour, Solo fait un cauchemar :

voulant rythmer ses insomnies,

ma tortue perce la paille de l’hivernage,

elle déchire le temps déjà-vu, l’autre…

Comment hiberner quand le soleil te hante ?

Sur l’année-lumière de tortue en confusion,

Solo garde l’œil plissé

 

Montpellier, le 15 janvier 2023

​

​

​

​

Valérie CANAT DE CHIZY



Un air de déjà-vu

souffle de l'avant-jour

l'année-lumière

s'annonce

 

écrin de neige

les graines enfouies

préparent

le renouveau.

​

​

​

​

Rémi CHECCHETTO

​
 

Nous tous

à tous les temps

en avant jour

à contre-jours

à fin du jour

allant de-ci

allant de-là

passant par le déjà-vu

découvrant le pas encore vu

ô qu’il est beau le pas encore vu !

tandis que tic-tac

fait notre temps

qui a encore le temps

lambinons, les amis

découvrons, les amis

avançons avec le désir

allons avec les curiosités

allons, avançons

le monde brille

la vie vibre

​

​

​

​

François COUDRAY

​
 

ce n’est pas celui de l’enfance et c’est pourtant le même jardin quand / redescendre / au ras du sol aller parmi le texte des herbes et des mousses / brindilles / graminées / virevoltants / ombellifères feuilles / mortes aller parmi l’ouvert faire corps

 

avec les arbres / le monde

 

*

 

cherche / mon poème / le rythme de cette respiration rythme / mon chant / cela qui me respire

​

​

​

​

Julien D'ABRIGEON

​

​

​

​

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​

​

​

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​

​

​

​

​

​

​

​

​

 

Ludovic DEGROOTE

​
 

Le moteur en hivernage

 

Ou nous, au dedans,

 

Qui attendons d’autres mots

​

​

​

​

​

Armand DUPUY

​

 

où va ce bleu-là, rythmer dans quoi ?, pour moi seul 

​

semoule et joie dans lesquelles je pédale – et 

​

jusqu'aux cuisses monté –, coupé déjà dar'-dar' 

 

en deux sur et sous l'eau, terrier m'épousant bien

​

comme ton plus-que-parfait poussant la mémoire

 

vers le talon composé d'une phrase tue.

​

​

​

​

Chantal DUPUY-DUNIER

​

​

Comme il serait ennuyeux

​

le poème plus que parfait,

​

sans originalité,

​

plein de mots déjà vus.

​

Dare-dare, il faudrait le jeter.



 

*

​

 

Haïku

​

L’avant-jour discret

​

éclaire l’eau de l’étang

​

de faibles rayons.



 

*

​

 

À tous les temps

​

Je dare-dare

​

Tu dare-darais

​

Il a dare-daré

​

Nous dare-darerons

​

Vous eussiez dardaré

​

Eh bien : Dardarez maintenant !

​

​

​

​

​Sylvie DURBEC

​

 

L’avant-jour d’avant l’amour

est-ce aujourd’hui

ou bien demain ?

Je n’en sais rien

si ce n’est son goût de déjà-vu

qui rend imparfait

le présent.

​

​

​

​

​Étienne FAURE



Tic tac sur Paris, la pluie est synchrone

il pleut sur les toits comme un vers de Verlaine

les cœurs et le temps sont à l'heure de la pluie.

​

​

​

​

​Estelle FENZY
 

​

Tic-tac tic-tac

Mon cœur est une bombe

à retardement

réglée sur une horloge décalée

 

Pour la dés-AMOR-cer

et pour me sauver

il faut t’éloigner

hiverner tes sentiments

lambiner à 100 années-lumière

revenir Plus-que-Parfait

(c’est le nom d’un Prince)

 

Déposer synchrone

un baiser sur mes lèvres

 

Tu dis que mon histoire

a comme un air de déjà-vu

tu t’approches et te penches

entends-tu mon coeur

tic-tac tic-tac ?

 

BOUM !

​

​

​

​

​Stéphanie FERRAT

 

 

l’après-midi, tout se pose

​

il y a une vérité dans la lumière

​

sa fragilité sur les feuillages, descend

​

rythme les formes décalées de l’hiver

​

​

​

​

​Odile FIX

​

 

ce qu’elle accroche

à un

crochet de mémoire

(dans un rayon de poussière lumineuse) :

​

         une plainte    une plaie

​

         anciennes

 

         une langue

         d’où suinte

         un peu de jour

​

         ce    manteau transparent

​

ce qu’elle suspend là

mains jointes (leur souvenir)

​

– supplique sous le bâton –

​

qu’elle abandonne

à son hivernage

sa saison sans fin

​

​

​

​

​Romain FUSTIER
 

 

comme vache qui

​

il à verse

à torrents qui dévalent des cimes

à seaux rouillés

 

derrière les barbelés

se devine dès lors l’hivernage

​

​

​

​

​Réginald GAILLARD

 

 

Là, d’évidence, fiché à même la terre

​

foulée par d’ancêtres paysans,

​

mais la terre en feu, et leurs têtes,

​

à des années-lumière de leur faim,

​

de leurs rêves sans horizon,

​

les mains dans un sillon verbeux,

​

je guette le déjà-vu, déjà lu,

​

l’alcool déjà-bu, jusqu’à satiété

​

– Soif d’un élixir nouveau.

​

Je chasse dare-dare l’avant-jour,

​

l’œil dans le creuset de la nuit,

​

car il éclairera les défaillances.

​

Alors peut-être naîtront, synchrones

​

– pur kairos de magie blanche –

​

et l’espace de mon regard

​

et le rythme d’un temps qui n’est pas

​

le plus-que-parfait mais un présent

​

gonflé de vie, au point d’exulter.

​

​

​

​

Laure GAUTHIER

 

 

ll'avant-jour à corps 

 

perdu

 

sans apprêt

 

l'hivernage est libertinage

 

éperdu

​

​

​

​

​Albane GELLÉ

 

 

Porte-bagages, chemin de terre

la vie cahote et se conjugue

à quelques temps très composés 

plus-que-passé, plus-que-présent,

plus-que-futur, plus-que-parfait,

nos verbes hésitent 

sur un mouvement d'accordéon

​

​

​

​

​Élisabeth GRANJON

 

 

Je tremble

Comme un minuscule bourgeon

Au sortir de l’hivernage

Qui ne sait pas encore s’il va éclore

 

Les battements d’ailes

De tous les oiseaux en vol

Réveillent les pulsations

De mon cœur

 

Je bats du cœur

Et je m’envole

​

​

​

​

Benoît GRÉAN

​

​

Elle a reflué

​

qui

​

l'éther nuitée

​

face au vide absolu de l'azur

​

​

regret rythmé des sommeils épuisés

 

 

pupilles 

​

puits

​

à pic

​

​

​

​

​Luce GUILBAUD

 

 

Tic tac tic tac !  dit le temps

​

avancez les enfants

​

sans lambiner sur le chemin

​

qui fait grandir chanter danser

​

avancez au rythme des saisons

​

tic tac tic tac !

​

courez devant ce petit goût

​

de déjà vu soleil matin

​

reviendra demain

​

tic tac tic tac !…

​

​

​

*

         

​
 

Etre ou avoir été ?

​

c’était hier ce sera demain

​

tic tac tic tac ! sur les écrans

​

tic tac tic tac ! je prends mon temps

​

temps gris tant pis

​

à mon rythme et sans lambiner

​

sans perdre de temps

​

tic tac tic tac !

​

combien de temps ?

​

​

​

*

​


 

C’est l’ogre temps qui pousse ses enfants

​

tic tac tic tac !

​

sur les horloges et les écrans

​

ils y vont dare-dare

​

pas question de lambiner !

​

les minutes et les heures vont devant

​

craignant le temps qui dévore ses enfants.

​

​

​

​

​Georges GUILLAIN

​

​

TROIS POÈMES RÉFLEXIFS POUR TOUS LES TEMPS OU PRESQUE

​

​

Tic-tac

 

trois-quarts de siècle déjà que tu tournes

synchrone

 

avec la terre dans l’espace

 

sans trop savoir quelle fraction

d’année-lumière cela fait

 

et même si c’est du déjà-vu le soir

qui tombe

 

l’année encore une

qui finit

 

Tic-tac

 

tous ces temps ces cycles ces âges

cette durée

 

tu voudrais – mais tu sais que c’est impossible -

enfin pouvoir les vivre

 

au présent

 

plus au futur

ni au plus-que-parfait



 

*

​

 

Sans lambiner

 

dare-dare oui

tu auras traversé

sans t’attarder

 

l’ardent détroit

 

non pas celui des Dardanelles

mais celui plus orageux comme dit l’autre

de la jeunesse

 

Maintenant c’est l’hivernage et sur le quai

tu suis des yeux tes vieux amours

partis au large

 

Le vent seul peut les rattraper

 

plus ce cœur fou

qui te portait

 

mais a eu peur

de chavirer



 

*

​

 

L’avant-jour

 

Je suppose que c’est l’aurore

ou l’aube

 

Si ce n’est plus la nuit

pas encore le jour

 

ni l’or

ni le charbon

 

le rêve

ou la raison

qui rythment tes actions

 

c’est l’entre-deux du temps

cet entre-temps des dieux

 

et leur indécision

​

​

​

​

​Cécile GUIVARCH

 

 

Dans et contre ma mère. Petite. Tête enfouie dans le cou. 

​

Son odeur. Sa peau. Tout va bien. Ferme les yeux. Endors toi. 

​

Au rythme de son cœur tic tac. Sa voix. Son amour en bouquet. 

​

Tout contre ma mère le cœur bat. Maman est là. Je m'endors. 

​

Un bouquet de violettes. Sa chanson préférée.

​

​

​

​

​Valérie HARKNESS

​

​

Hivernage

 

Il n’y a ni réveil ni rêve.

 

Juste une couche de nuages et sa lourdeur cotonneuse.

Pourtant nous y sommes et personne ne pourra jamais nous y trouver.

 

C’est que nous pouvons être à n’importe quel point de la couche nébuleuse,

le nez du cockpit dépassant de beaucoup ( ou pas ) la couche supérieure grisâtre dont

l’épiderme brille sous le soleil.

 

Nous y trouvons la cime des montagnes les plus hautes, le sable dont les grains les plus fins

sont autant de bouts d’éternité sous lesquels sous lesquels nous nous enfouissons,

des cascades enveloppantes, des tunnels interdits aux murs dorés.

 

Nous y trouvons des champs fleuris ininterrompus.

 

Nous montons et disparaissons un peu plus.

 

Nous sommes partout. 

 

Avant-jour, nous nous trouvons.

 

Nous sommes dans le cristal de l’âme.

​

​

​

​

Sabine HUYNH



Que composer dare-dare

de sincère et de simple

avec ces mots composés-là ?

Comment faire rimer

le déjà-vu avec le synchrone,

rythmer le tic-tac actuel

avec le plus-que-parfait

et lambiner l’avant-jour pressé

pour que dure encore un peu

cet hivernage dans tes bras,

pourtant à des années-lumière

des miens ?

Garder les yeux fermés,

pour que le rêve de ta présence

ne me quitte point.

​

​

​

​

​

Anna JOUY

​

​

Poker.

 

j’avais un gobelet, dedans roulaient dare-dare

les chiffres du hasard

je jouais à miser le tic-tac des années-lumière

je gagnais à ce poker des étoiles synchrones

zodiaque aligné, j’étais tenant la main du ciel

 

mon gobelet a changé de crèmerie

il secoue des mots, des syllabes, l’alphabet

ce qui tombe quand je verse écrit

l’avant-jour à venir,

des runes célestes illisibles.

​

​

​

​

Jean LE BOËL



horloge

toi qui disais l’heure

tu ne nous berces plus

de ton tic-tac

tes aiguilles ne font plus tourner le temps

dans le cercle des heures

la treizième n’est plus la première

 

à peine survis-tu dans des cadrans

où les chiffres égrenés jouent avec les mots

 

Vingt heures vint

​


 

Cédric LE PENVEN

 

 

    Je nomme cet arbre frêne-frère, non parce qu’il me ressemble, mais parce que nous habitons la même année-lumière.

​

    J’observe le bousier. Son obstination pèse sur les crochets de ses pattes avant. Il déplace un monde en reculant. Je le nomme bousier-frère, lui-aussi.

​

    Nos révolutions sont aveugles.

 

 

 


Isabelle LÉVESQUE

 

 

Ce serait sans voix l’écho assorti d’une plainte :

​

année-lumière glissée dans le cornet de la voix

​

synchrone du silence, tic-tac

​

aveugle du temps.

 

 

 


Béatrice MACHET

 

Tic-tac    tic-tac   …                 tock-tick….

​

                           depuis le lointain passé

​

                           le plus-que-parfait 

​

                           est capable de

​

                           se métamorphoser

​

                           en im-parfait.

​

                           Cet indicatif prévoit-il 

​

                           adelante

​

                                           un futur ? 

                           _________________________________________________________________

​

​
 

*

​

 

A-t ’on jamais vu une année-lumière

​

lambiner

​

s’égarer dans l’immense univers ?

​

Ou encore hiverner dans le grand vide où rien,

​

aucun abri ne protège du froid intersidéral ? 

​

Qui la croirait capable d’intention ? 

​

​

​

​

Christophe MANON

​
 

tic-tac le temps s’écoule et file dare-dare le temps tourne et s’enroule autour de lui-même il fonce et tourne tic-tac le temps tourne vite si vite encore plus vite encore le temps s’enroule et tourne tourne et s’écoule à toute vitesse tic-tac le temps passe et déjà tout s’efface

​

​

 


Amandine MAREMBERT

​
 

le geai des chênes change de branche

emporte du ciel sur ses ailes

bouge le marron des terres

à l’avant-jour

il paraît gai malgré son e

​

​

​

​

Simon MARTIN



LEÇON AUX IMPÉTUEUX

 

Avant d'être un oiseau

soyez une borne

 

et avant

un galet de rivière

lesté au fond du courant.

 

Faites l'expérience de votre pesanteur,

de votre attachement.

 

Lambinez !

 

La grâce viendra plus tard,

un autre jour, peut être.

​




Samuel MARTIN-BOCHE

​

​

Peut-être sont-ils éteints

Depuis des siècles

Les poèmes qui brillent

À des années-lumière

Dans la nuit d’été

Qui peut dire ?



 

*



 

Dare-dare

Enfiler son ombre

Pour sortir

Aux premières notes

D’avant-jour

Et s’apercevoir

Avec cet air

Énigmatique de déjà-vu

Qu’on marche

À l’envers



 

*



 

Combien d’années-lumière

À travers l’espace et le temps

Ont-ils parcouru les mots

Qui viennent aujourd’hui

D’un lointain hivernage

Se déposer ici un à un ?

​

​

​

​

Cédric MERLAND

 

 

Depuis la nuit dernière

les nuages filent

dare-dare

à la vitesse de nos rêves



 

*

 

​
 

Dans le tic-tac

de la lune

du soleil

tes yeux pour dire la nuit des temps



 

*



 

l'avant-jour

déjà-vu

se met à nu

à minuit



 

*



 

oser oser

traduire

dare-dare

pour rire

les océans nous

regardent

ces années-lumières

de nos souvenirs



 

*



 

plus loin la plage et les rochers

pour rythmer parfois

les océans



 

*



 

et si l'avant-jour

se laissait

emporter

dans une trousse de maquillage ?



 

*



 

Chaque grain de ta peau

devient les années-lumières

de ma mémoire

​

​

​

​

Sébastien MINAUX (Alexis BARDINI)

 

 

Dans l’hivernage

De nos pensées

Le temps est à nos pieds comme un chien assagi

​

​

​

​

Simone MOLINA
 

Pour François Coudray 


 

de Montevideo à Istanbul 

          à tous les temps

écris ton désir

 

sans lambiner

sans hiberner

          par tous les temps

les mots vont rythmer ta vie

 

sur le guéridon de l’enfance

          entend 

le tic-tac plus-que-parfait

d’une horloge synchrone

          à tes attentes 

 

tu cueilleras l’avant-jour

à des années-lumière du déjà-vu

 

de Ljubljana à Jérusalem 

libre sera ton poème

          sur la flèche du temps 

​

​

​

​

Guylaine MONNIER

 

 

Quand je serai grande

j’aurai un rêve ou deux

Je prendrai le second

et le mettrai

hors de portée

du premier

 

1 er

le guetter par la fenêtre

(film ou conte — intérieur jour ou nuit)

 

2 e

monter des chevaux

pour être le grand galop

(dare-dare — extérieur jour ou nuit)



 

*



 

rencontrer des marelles, tic-tac, sauter au ciel

gravir des échelles d’allumettes

et atteindre le petit bois



 

*



 

Quand tu dis j’ai le droit de chanter

quand tu tapes et sautes

tu parles de carrosses et de sorcières

tu rigoles par la fenêtre, des grelots dégringolent

 

tu montres en bas l’herbe touffue sous les orteils

plus-que-parfait, tous tes pas à venir

​

​

​

​

Orianne PAPIN

 

 

Pas facile de trouver sa place

en venant si tard

au monde

 

je n’inventerai ni le feu

ni les mots

ni l’amour

 

je ne nommerai aucune mer nouvelle

 

je n’aurai pas l’idée du cœur artificiel

 

peut-être qu’à mille années-lumière

on entend déjà le sort

de nos arbres

mais moi

de demain

je ne me souviens encore de rien

 

alors je dénoue mes cheveux

pour m’alléger du bruit

de ceux qui parlent fort

 

et je laisse juste le jour

me mettre l’aube à la bouche.

​

​

​

​

Jean-Baptiste PEDINI

 

 

Le ciel frissonne

derrière la vitre

on est à des années-lumière

d’une saison vivante

au moins d’un mouvement

 

l’ennui s’efface dare-dare

dans un soupir déjà blanc.

​

​

​

​

Thierry PÉRÉMARTI

​

 

osez dare-dare

vous lever à l’avant-jour

osez-osez et ne lambinez point

oubliez les hivernages devancez la saison

rythmez votre pouls au tic-tac du cosmos

des astres et du mouvement synchrone

qui nous agite depuis le premier jour

aucun déjà-vu rien d’avance n’est connu

mais tout renaît se recommence

depuis des années-lumière

tout entendez-vous tout

est parfait et même plus-que-parfait

tout est à découvrir sans attendre

osez vivre à tous les temps de la vie

​

​

​

​

Grégory RATEAU

 

 

On a tous un paysage synchrone en mémoire

ici une barque

au repos sur le rivage

le mouvement pétrifié

dans son entonnoir de vase

vaisseau fantôme sans destination.

 

On a tous un rapport douloureux au temps

qui n’attend plus

même pas le passant que nous sommes

adossé et rêveur face au lac

le soleil fatigué d’attendre lui aussi

et déjà posé sur l’autre rive.

​

​

​

 

Clara REGY

​

 

Déjà-vu :

-Un steak dare-dare ?

-Un tic-tac à la menthe ?

Quand l’hiver-nage coulent des mots

« fous-fous » dans mon cerveau



 

*



 

L’année-lumière est l’ampoule

De l’avant-jour 

Pour arrêter le temps

Les amoureux synchrones

Lambinent toujours

​

​

​

​

Richard ROGNET

 

 

Quel déjà-vu traînasse, lambine

à une année-lumière

de notre coeur en hivernage ?

 

Parfois, plus-que-parfait,

du moins nous le croyons,

notre sang serait-il

le tic-tac d’un avant-jour,

peut-être même d’un après-nuit ?

 

qu’il faudrait rythmer

sans lassitude, sans regrets,

jusqu’à rendre synchrones,

rapidement, dare-dare,

notre naissance et notre mort.



 

*



 

Désolation du monde

 

La mitraille féroce

allume et rythme des souffrances

plus noires que le noir

qui n’avoue rien -

linceuls souillés, boueux,

 

poids des vies déracinées, 

friables bouquets d’espoirs,

racines illisibles, sang

mêlé au sang, chemins

défoncés, étoiles veuves -

 

saisons agenouillées

sur les impasses de la vie,

comment vous reconnaître

dans une lumière qui déchire

plus qu’elle n’éclaire ?

 

La mitraille en appelle 

d’autres - on avance

comme on peut, les oiseaux

se volatilisent, les brasiers, non.

​

​

​

​

James SACRÉ

​

​

Dix mots qu’on vient de ramasser 


 

On voudrait des mots solides

Te les lancer lecteur comme on lance une pierre.

 

Dix mots qu’on ramasse

Dont six qui comportent des tirets, c’est quoi

Un tiret à l’intérieur d’un mot :

Lien entre deux notions

Ou fêlure dans ce qu’on rêvait d’écrire ? 

 

Année-lumière est un soleil, sûr

Mais quand même qui va s’éteindre un jour

Comme c’est le cas chaque trente-et-un décembre.

Dare-dare et tic-tac

Sont comme le bégaiement d’un corps

Ou d’une parole :

Deux parties séparées d’un mot

Voudraient se remettre ensemble. Déjà-vu

Ramasse le présent avec du passé

Mais garde les deux séparés ; assez comme fait l’avant-jour

Entre la nuit disparue et l’aube qu’on imagine.

 

La perfection d’un solide présent n’est jamais là.

Le plus-que-parfait n’est qu’un imparfait qui s’éloigne

Avec ses deux tirets mal affirmés.

 

S’il n’y a pas dans tous les mots un tiret qu’on ne voit pas ?

Vérifiez donc avec les quatre qu’on n’a pas lancés.

​

​

​

​

Florence SAINT-ROCH

 

 

Bien à l'abri dans ta tête

Des galaxies en hivernage

Des milliards d'étoiles en sommeil

Dare-dare réveille-les

Maintenant veut briller !

​

​

​

​

Pauline SAUVEUR

 

 

à des années-lumière du fond de la tanière

au bord de la nuit dehors

l’avant-jour luit

sans bruit c’est l’hiver, hier s’évanouit

le vent souffle et file sur les hauts-plateaux

au chaud sous la terre cœur de velours

ami tranquille animal dort

​

​

​

​

​Jean-Marc SOURDILLON

 

 

Cela n’aura duré qu’un court instant,

Le temps du passage d’une abeille sur la terre,

Toi moi notre maison les fenêtres ouvertes.

 

Mais qu’importe puisque ce sont nos années lumières,

Tant de beauté de durée de présences singulières,

toi moi, nous éclairant mutuellement dans le temps

 

Et le vent, les chats, la pluie, les fruits, les enfants,

Toutes les fenêtres ouvertes sur la terre,

Sur notre frêle terre pleine de lumière et de temps

 

dans l’immense nuit stellaire sans fin ni commencement,

la claire terre-lumière, son battement, son instant

et notre oeil bien vivant, bien ouvert.

​

​

​

​

Maud THIRIA

 

 

à l’avant-jour

​

à l’avant-mer

​

attendant dans l’estran balancée

​

ventre sur galets

​

langue sur sel

​

que vienne la vague articulée

​

montante lente dévorante

​

labiale dentale musicale

​

– rythme d’un déjà-vu

​

sans cesse

​

recommencé –

​

​

​

​

​Christian VIGUIÉ

 

 

Avant-jour

 

A l’heure où rien ne croît

à part ronces et tristesse

et vent sous la porte

lune et étoiles indiquent leur muette distance

J’ai beau dessiner dans le ciel

Petite et Grande Ourse

Orion et Dragon

pointer du doigt Altaïr

étoile bleue

étoile de l’Aigle

ou l’étoile de même couleur Véga

je me persuade que la nuit est la nuit

Pourtant une légende veut

que Véga soit une fileuse

fille d’un dieu

et Altaïr un pauvre garçon boucher

Grâce à cela

au mois de juillet

il y a comme un avant jour

quand s’envolent toutes les corneilles de la Terre

pour former un pont sur lequel

la fileuse traverse la Voie lactée

et retrouve son garçon boucher.

​

​

​

​

​Pierre VINCLAIR

 

 

 DEUX HAIKUS

 

      1.

 

à l’hivernage, un

tic-tac d’une année-lumière

rythme l’avant-jour

 

        2. 

 

déjà-vu synchrone

qui lambine dare-dare

au plus-que-parfait

​

​

​

​

​Adeline YZAC

 

 

tic-tac tic tac

deux palombes sur le pré 

conjuguent au plus-que-parfait

quatre mots et trois refrains

font rythmer font rimer

– dare-dare et pas une à lambiner 

tic tac tic tac

font rythmer font rimer

synchrone et sans souci

les années-lumière

avec les avant-jours

tic tac tic tac

et cela va de soi

avec les abat-jours

tout ceci bien sûr 

comme déjà vu

sur fond d’hivernage

toute neige à l’appui

et à l’aplomb

tic tac tic tac

 de la belle saison

​

​

​

​

​Mary-Laure ZOSS

 

 

Reppaz

 

ici la pente saisit les murs au collet ;

​

la forêt menace

​

de glisser

​

jusqu’aux fenêtres ;

​

lourde, la terre des jardins,

​

remuée

​

par les labours d’hivernage ;

​

ils y retournent des bouteilles vides

​

le vent s’y engouffre

​

- assourdit les campagnols

​

​

​

​

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© 2023 AEFE - Gérald BOUCARD, François COUDRAY & Stéphanie LEMAITRE- Enseignants formateurs de lettres - zones AMLASUD et ZESE

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